le disque Solair : Nova
C O
M M E A U T R E
F O I S , A D O R
O N S L E D I
S Q U E S O L A
I R
« Désolé, nous ne comprenons pas toutes les paroles !»
Quelle ne fut pas ma surprise, après de nombreuses écoutes,
d'entendre cette réponse de mes amis américains à qui j'avais demandé il y a des décennies
de me noter les paroles de Long Train Running des Doobie Brothers !
Alors comme nous, même les Américains ne comprenaient pas toutes les paroles
de ce célèbre tube planétaire au riff de guitare ravageur.
Cela arrive souvent et personne là-bas ne s'en soucie plus que ça.
Enfant déjà, je
mesurais l'immense abîme qui séparait la joie
communicative des musiques anglo-américaines
de nos productions
petites-bourgeoises compassées. Il est toujours resté
chez nous une sotte prétention littéraire
que le genre pourtant considéré comme mineur ne produit plus depuis des lustres.
Rien à faire, il faut "comprendre" les paroles et gare à l'auteur
si sa licence poétique ne l'amène guère à passer la barre d'une rengaine.
Un texte très riche ne donne pas une bonne chanson.
Il faut y limiter la musique qui en est pourtant la raison de vivre.
J'ai toujours été frappé par l'absolue liberté musicale des Anglo-Saxons
et la supériorité écrasante de leur musique populaire.
Leurs voix se mélangent intimement avec la musique, on chante gaiement avec eux leurs entraînants refrains
sans se soucier de la prétendue profondeur attendue ici et sans en saisir heureusement tout le sens.
On le devine bien d'ailleurs, on sent bien leur feeling, le son des paroles exprimant parfaitement
de quoi il s'agit. Car ça sonne rudement bien !
C'est comme dans la vie : faut-il vraiment tout comprendre ?
Non, on a surtout besoin de sentir…
C'est pareil pour la musique, il faut l'aimer. C'est pas compliqué. A.V.